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Du contrat social

Du contrat social vercorien:

quelques réflexions autour d'une lettre de Vercors à Pierre Ryaniol, datée du 7 septembre 1966

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Un commentaire sur le site Politroductions

Préambule

Cette lettre de Vercors à Pierre Ryaniol, datée du 7 septembre 1966, est l'une des 3375 lettres de ma base de données contenant l'ensemble de sa correspondance croisée (Voir le résumé de ma thèse dans la rubrique Mes travaux). J'ai décidé d'extraire une lettre de Vercors dont le propos est moins connu de la critique et des lecteurs.

Cette lettre porte sur le travail, les loisirs et les fins que devrait s'assigner l'humanité dans l'optique et l'éthique vercoriennes. Elle éclaire des pans entiers de la pensée de l'intellectuel, et soulève des postulats et des conséquences que l'écrivain passe sous silence. Non que sa réflexion soit indigente sur ces points, mais parce qu'ils lui semblent évidents. Sauf qu'il convient toujours de s'interroger sur les évidences pour en comprendre les terreaux idéologique, sociologique, politique, etc. Et parfois d'ailleurs remettre en cause une idée présentée comme une évidence. Et, on va le constater plus loin dans cette page, Vercors revient sur une évidence de nos temps modernes à la Chaplin. L'étude de cette lettre permet donc de dessiner un peu plus le portrait intellectuel de Vercors.

Certains postulats sont également passés sous silence à cause de la nature même d'une missive. Celle-ci répond à un sujet précis de son interlocuteur, elle se présente alors comme un fragment d'un système total. Il faut donc rapprocher ce document d'autres écrits sur le même thème. Notamment son roman Colères (1956); son dialogue avec le physicien Jacques Bergier en 1956 sur la définition de l'homme dans Les Animaux dénaturés, ainsi que sur les problèmes de notre civilisation, précisément pour savoir  si les robots travaillent pour ou contre l'homme; sa présidence du colloque publié sous le titre Morale chrétienne, morale marxiste en 1960; enfin, dans les Rencontres internationales de Genève en 1965 s'intéressant au Robot, à la bête et à l'homme, sa présentation d'Un avenir cohérent.

Cette lettre est un biais pour interroger un aspect du matérialisme de Vercors, à savoir le matérialisme historique. Autrement dit, on doit se demander si Vercors était ou non marxiste. De lui-même, Vercors dénia cette filiation à plusieurs reprises. A son correspondant Paul Misraki, avec lequel il publia Les Chemins de l'être (1965), il répliqua en 1976:

Bien sûr, vous avez le droit de vous croire rationaliste, parce que vous raisonnez, comme j'aurais celui de me croire marxiste, parce que je dialectise; mais aucun vrai marxiste ne m'acceptera comme tel, ni vous aucun rationaliste.

Et on ne trouve nulle part dans sa prose les termes de « lutte des classes », de « dictature du prolétariat » (sauf au détour d'une lettre à André Wurmser), ou d'appel à la révolution dans un renversement radical de l'ordre établi. Sa distance d'avec les Surréalistes ne fut pas qu'artistique dès l'entre-deux-guerres. Sa condamnation de leur art fut explicitement énoncée dans la revue des années 30, Arts et métiers graphiques. Mais on peut ajouter à cet éloignement artistique une distance politique et idéologique, même si elle resta silencieuse. Point de goût particulier pour Le Surréalisme au service de la révolution, point de rejet virulent de son milieu bourgeois. Le « Pour un art révolutionnaire indépendant » de Vercors ne ressemble pas à celui d'André Breton et de Léon Trotsky. Celui de Vercors est une déclaration d'indépendance proclamée à la face de la nature, et moins une révolution sociale. Son obsession part et revient toujours en effet vers les relations entre l'homme et la nature (sa nature animale, la nature comme monde environnant).  La Sédition humaine réside moins, chez Vercors, dans les rapports de classes que dans les relations conflictuelles entre l'homme et la nature depuis que l'homme est homme, c'est-à-dire depuis que l'homme s'interroge, sait qu'il ignore et se révolte contre cette ignorance imposée de nature/par la nature (et dans ce dernier cas, on s'interroge sur la divinisation de la Nature dans le système de l'écrivain, qui le rapproche de Spinoza).

Pour autant, Vercors en est conscient et l'exprime clairement, la lutte humaine pour s'arracher à sa condition naturelle ne peut advenir que dans une transformation économique, sociale, idéologique et politique de la société. C'est la condition sine qua non pour que les hommes s'interrogent et parviennent à « l'élucidation de toutes nos ignorances, de toutes les énigmes où nous sommes plongés ». Qu'ils parviennent à la « Connaissance parfaite » (Un avenir cohérent) qui fleure, que Vercors le veuille ou non, l'idéalisme. Donc, peu ou prou, Vercors s'empara de questions que Marx et Engels posèrent et résolurent dans leurs oeuvres. Aussi faut-il être attentif aux éléments que Vercors emprunta aux deux hommes, aux manques, à son positionnement face au marxisme.

Voici les premiers jalons incomplets par une analyse de la lettre de Vercors à Pierre Ryaniol de 1966.

Condition de l'homme moderne

Animal laborans

Je reprends sciemment le titre d'un ouvrage de 1958 de la philosophe Hannah Arendt qui évoque le travail des hommes et la mécanisation.  Arendt veut en effet suggérer que dans l'état actuel du monde moderne, l'automatisation est néfaste, car elle ne laisserait qu'une société de travailleurs « privés de la seule activité qui leur reste ».

Vercors, quant à lui, s'inscrirait dans la lignée du socialisme utopique, qui a inspiré Marx en partie. Il considère que le développement de la machine permettrait au contraire d'offrir à l'homme une vie sociale libérée du travail. On comprend que Vercors vise le travail aliénant qu'il assimile implicitement au travail que l'homme est contraint d'exercer. Ce travail que l'homme est obligé d'accomplir, en dehors de toute liberté, pour gagner de quoi survivre. Il entrave donc toute émancipation sociale et intellectuelle. Son roman Colères, écrit entre 1954 et 1956, met justement en scène des ouvriers écrasés physiquement et mentalement  par une vie de labeur dans des conditions socio-économiques inégalitaires. Cette nécessité extérieure imposée empêche la vie digne d'être vécue, la vie noble vers laquelle Vercors aimerait porter chaque homme.

Un an plus tôt, dans sa communication Un avenir cohérent, Vercors entérinait déjà ce constat: le progrès humain réside « dans le processus de libération économique et sociale de masses de plus en plus grandes ». L'une des solutions tient dans « la machine » qui est « puissamment humanisante quand elle nous permet d'accélérer la conquête de la Connaissance », mais qui est également « deshumanisante, quand au lieu de libérer les hommes elle abrutit l'ouvrier qui la sert, ou quand, flattant notre paresse, elle encourage l'esprit à la passivité ».

L'homme doit donc se libérer/être libéré de cette aliénation pour ne plus rester à l'état d'animal laborans, certes un peu plus évolué que les autres espèces, mais pas spécifiquement humain. Le travail comme « reproduction de la vie » (Marx) se révèle un esclavage non humanisant. Dans ce sens, Vercors se rapproche des thèses de Arendt, car il stigmatise autant le travail en tant que tel - c'est-à-dire pris dans son essence -, que le travail dans un mode de production particulier - le capitalisme.

Pour un avènement hors cadre: ni « vivre pour produire » ni se divertere

Qu'il en soit ou non conscient, Vercors se place dans une réflexion marxiste. Quand il projette l'humanité dans un hors cadre actuel (assurer une production a minima), il refuse le concept de travail productif dans le cas de la production capitaliste qui est production de plus-value. Pour Vercors, la réduction du temps de travail aliénant est le moyen nécessaire pour parvenir à une fin ultime: la quête de la connaissance.

Pour autant, Vercors a tendance à faire comme Arendt. Il semble éliminer les analyses précises aux rapports sociaux de production. Le « vivre pour produire » englobe apparemment sans véritable distinction tous les membres de la société, sans qu'il mentionne que le travailleur est dépossédé de ses moyens de production. La confusion entre les moyens et les fins passe par un postulat philosophique (« des sociétés entières préfèrent s'en tenir au “ vivre pour produire  qui du moins donne un semblant de sens à l'existence », affirme Vercors dans sa lettre à Pierre Ryaniol), non par une analyse des rapports sociaux de classes.

Et il glisse dans cette même lettre à une critique de la société consumériste. Il convient de replacer cette satire de l'Amérique dans le cadre idéologique de la guerre froide, c'est-à-dire dans la bipolarité du bloc Est-Ouest. Le loisir paraît être un des aspects de ce « vivre pour produire ». Il s'apparente au divertissement pascalien, qui consiste à se détourner de sa condition humaine, et rappelle singulièrement les planches de La Danse des vivants (1932-1938) d'un Jean Bruller toujours aussi vivant en profondeur chez un Vercors à l'humanisme moins désabusé. L'organisation sociale du loisir est bel et bien pensée comme une volonté commune d'oublier la question existentielle, et loin des réflexions propres à Marx sur les rapports sociaux.

Double aliénation donc: soumis pendant son temps de travail par des contraintes externes à lui, tout aussi soumis pendant son temps de non travail consacré aux « loisirs ». Ce n'est pas véritablement un loisir, mais Vercors ne remonte pas à la cause principale de Marx, à savoir un temps de « loisir » soumis  aux déterminations aliénantes du mode de production capitaliste. Pour lui, la cause est d'ordre existentielle: la fuite de chacun dans une « sorte d'agoraphobie devant l'abîme que la question ["vivre pour quoi?"] dévoile ».

Ce n'est pas que Vercors n'ait pas conscience de la domination d'une classe, - il tente d'intégrer la lutte sociale dans son roman Colères aux côtés d'une autre lutte, celle qu'il considère être la lutte contre la nature ; c'est surtout qu'il se laisse emporter sur la pente de l'abstrait et de l'idéalisme, malgré les bornes matérialistes qu'il dit s'assigner. A mon avis, la focalisation constante et disproportionnée sur l'ignorance imposée de nature, et par la nature, masque toute une réflexion sur les ignorances et les conditionnements imposées par la culture. J'emploie à escient ces deux grandes entités que sont nature et culture (ou nature et civilisation), parce que Vercors y perçoit une distinction et une rupture fondamentales. Dans sa fable anthropologique, l'homme naît à lui-même en allant contre sa nature, contre la nature. La civilisation qui naît de ce fait est porteuse d'une sédition rebelle. Selon Vercors, l'homme n'ignore plus désormais son ignorance naturelle depuis qu'il s'interroge. Sa spécificité tient dans l'interrogation. Aussi, si « neuf hommes sur dix [...] ne prennent jamais conscience qu'ils " ignorent " et qu'ils " vivent comme des animaux " », c'est bien qu'il faut penser ce fait comme une donnée engendrée par la société. Vercors intègre ladite donnée dans sa théorie, puisqu'elle est un moyen de concrétiser la fin ultime de l'humanité. Elle est première dans le cheminement vers l'émancipation humaine. Pourtant, qu'il le souhaite ou non, il la place largement loin derrière son obsession primordiale, la lutte de l'homme et de la nature (Voir ma page sur La Sédition humaine).  

Or, l'interrogation, propre à notre espèce pour Vercors, est bien étouffée par des stratégies socio-économiques et/ou idéologiques qui relèvent de la civilisation. D'ailleurs, Jean Bruller a vécu cette expérience dans les années 20 et 30 comme je le montre dans mon article Jean Bruller, dessinateur et illustrateur de la littérature coloniale pour la jeunesse de l'entre-deux-guerres: de Loulou chez les nègres (1929) à Baba Diène et Morceau-de-Sucre (1937) dans la revue électronique Strenae. Le jeune homme ne s'interrogeait pas sur le colonialisme et sur les stéréotypes véhiculés par la société au sujet des Noirs. L'habitus ne l'invitait pas en effet à remettre en cause ce qui était présenté comme une évidence. Toutefois, progressivement au cours des années 30, son évolution dans ses réseaux de sociabilité, ses conditions de vie, son retour conscient sur lui-même, etc., l'amenèrent à s'interroger et à manier le crayon contre les méfaits du colonialisme. Un exemple parmi d'autres concernant Vercors.

Le contrat social ou penser à gauche

« Penser à gauche » fait référence à l'ouvrage Penser à droite d'Emmanuel Terray. Cet anthropologue tente de dégager le socle commun  des penseurs de la droite. Pour lui, ceux de droite se rejoignent sous la bannière des fondamentaux que sont l'ordre, l'autorité, la hiérarchie et le refus de l'égalité. En contrepoint, les invariants de la gauche se fonderaient sur les notions inverses.

Par sa lettre, Vercors affirme implicitement au moins deux de ces valeurs de gauche:

  • l'égalité entre les hommes: la société future qu'il projette se présente bel et bien comme une société de citoyens égaux, dans un contrat social à la Rousseau de type démocratique. Vercors met en toile de fond les principes du droit politique fondé sur un pacte entre des citoyens souverains. C'est un type de société qui œuvre au service de l'intérêt général.
  • la conception universelle de l'homme: la narration et les explications dans sa lettre sont de type généraliste, elles dépassent les frontières de la France. Conception qui engage les notions de liberté et d'égalité.

Piste de lecture probable supplémentaire: peut-être conviendrait-il de lire le démographe et historien de la famille, Emmanuel Todd, dans Le Rendez-vous des civilisations (co-écrit avec Youssef Courbage en 2007). Dans le cas de ce site, ce n'est pas tant les réflexions - au demeurant fort stimulantes - sur les transitions démographiques qui feraient avancer le débat, que la synthèse réalisée sur les structures familiales particulières à certains pays, dont la France. Héritage dans lequel Jean Bruller baigna.

La crise de la culture

Je reprends le titre d'une autre œuvre d'Hannah Arendt, publié en 1961. Vous trouverez un court extrait de cet essai sur ce site, afin d'en saisir l'enjeu.

Du temps de cerveaux disponibles pour...la skholé

Vercors aspire donc à ce que la société chemine vers un autre cadre social, idéologique et politique, dégagée du travail aliénant. On comprend que si l'idée en soi est révolutionnaire, la pratique en est graduelle. Il souhaite ainsi un changement théorique et pratique, mais dans une stratégie politique réformiste, plus que révolutionnaire. Il conviendrait de s'interroger plus avant sur ce réformisme radical qui semblerait sourdre des propositions de Vercors. Pour le moment, je renvoie à la revue d'histoire intellectuelle Mil Neuf Cent, dont le numéro 30 de 2012 se centre sur le sujet. Ce dernier est dévolu à une période précise ( 1880-1930), mais il constitue une approche non négligeable du XXe siècle, et probablement de la pensée politique de Vercors.

La proposition de Vercors fait sortir le travail hors du cadre capitaliste et condamne ipso facto tout impératif de rentabilité économique. Pour autant, elle ne prône pas un droit à la paresse. Le travail tel que l'écrivain le conçoit se situe dans une éthique collective, celle de la recherche, dans tous les domaines, du sens de l'homme. Le travail aliénant supprimé serait remplacé par un travail d'un autre ordre, dans une mutualisation des capacités et des intérêts, chacun dans sa spécialité, mais tous dans le même objectif. Se libérer du travail aliénant, ce serait pour Vercors avoir l'opportunité de stimuler la fonction cérébrale de l'homo interrogans sorti des brumes de l'animal laborans. Le loisir ne serait plus le divertissement, mais la skholé de type antique. Une skholé néanmoins moderne, non réservée à une minorité, mais accessible au plus grand nombre:

A mesure que les humains accèderont en nombre croissant à la pensée, à mesure que croîtra le nombre d'esprits qui s'intéresseront aux problèmes de notre époque, il se produira de véritables mutations pour l'humanité toute entière (Un avenir cohérent).

Contre la crise de l'éducation: aude sapere

Evidemment, dans cette lettre programmatique, Vercors réserve une place de choix à l'éducation et l'instruction de la jeunesse, espoir de son utopie progressiste. L'école se révèle donc un maillon essentiel de son projet. Lorsque Hannah Arendt analysa la crise de l'éducation en Amérique, elle distingua trois points cruciaux:

  • erreur de penser qu'il existe un monde de l'enfant qui se gouverne par lui-même affranchi de l'autorité des adultes, donc « ne prendre en considération que le groupe et non l'enfant en tant qu'individu ».
  • erreur d'une « pédagogie [...] devenue science de l'enseignement en général, au point de s'affranchir complètement de la matière à enseigner », alors que les hautes compétences disciplinaires assurent une autorité.
  • erreur de « substituer le faire à l'apprendre » dans la croyance qu'un enfant peut savoir et comprendre que ce qu'il a fait lui-même.

Visionnaire analyse aux échos contemporains troublants.

On comprend que, dans sa lettre, Vercors plaide pour une école exigeante fondée sur la transmission des savoirs, garante de l'éveil de la libido sciendi, et ce, dès le plus jeune âge. Curiosité, esprit critique d'enfants, bientôt futurs citoyens.

La condition sine qua non de cette skholé générale passe obligatoirement ex ante  par une transformation idéologique et sociale, affirme Vercors. Et c'est pourquoi les liens entre Vercors et le marxisme devraient être approfondis. Quel marxisme implicite ? Dans quel courant se situerait-il ? (marxisme orthodoxe, marxisme hétérodoxe...). Quels rapports avec son compagnonnage de route avec le PCF ? Quelles similitudes avec les intellectuels de son époque ?

J'avancerai une autre piste de lecture, plus audacieuse: le rapprochement entre Marx et Spinoza pour penser la domination dans le mode de production capitaliste. Vercors ne se réclamait pas vraiment de Marx (on peut néanmoins s'interroger sur les implicites de certaines de ses pensées, comme je viens de le faire dans cet article), mais il fit souvent référence au philosophe Spinoza (et de vrais parallèles peuvent être discutés de façon fructueuse). C'est le propos stimulant de l'économiste érudit Frédéric Lordon dans Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza (2010). Il faut l'écouter dans de larges extraits de l'émission D@ns le texte sur Dailymotion (Sinon l'émission est accessible sur le site payant Arrêt sur images). Puis lire des critiques divergentes, notamment sur le site Lectures et le blog du philosophe Denis Collin. Il me paraît possible d'éclairer des angles de la pensée vercorienne par ce biais, en restant bien sûr prudent par une mise en situation constante dans le temps chronologique de la traversée du siècle de l'écrivain. Une pensée politique que, trois mois avant son décès, dans l'émission Caractères du 15 mars 1991, l'écrivain résuma dans cette formule:

La société ne peut pas continuer comme elle est. Le capitalisme sauvage ne peut pas être un futur.

Article mis en ligne le 10 juin 2012